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La qualité, ainsi attestée, de l’armée rouge conduite par Joukov, servit de leçon à Tokyo : à la fureur d’Hitler, le Japon signa à Moscou le 13 avril 1941 un « pacte de neutralité » qui libéra l’URSS de son obsession, depuis l’attaque contre la Mandchourie (1931) puis toute la Chine (1937), d’une guerre sur deux fronts[32]. [20] Carley, 1939, p. 256-257 ; Finkel, Leibovitz et Lacroix-Riz, op. Mais Londres s’inquiétait désormais autant de l’expansion allemande que « la poussée russe en Europe »[21]. Eine Gesamtdarstellung der nationalsozialistischen Judenverfolgung, Munich, Piper Verlag, 1998 ; Vidal, Les historiens. Il vous reste 75% de l'article à consulter... Souscrivez à l'Offre Découverte : 2 semaines d'accès illimité et gratuit au Courrier de Russie. [31] Palasse, août 1938, 7 N, 3123, courriers de Chine, 1938, 7 N, 3143, SHAT ; Documents on German Foreign Policy, D, II, p. 601, IV p. 609. Le prétendu « endiguement » (Containment) de la « Guerre froide » fut en réalité et d’emblée un « refoulement » (roll back), aujourd’hui éclairé par des travaux scientifiques. Les tambours de la propagande se déchaînèrent : la France sanglota autant que le Vatican et l’ensemble du monde (capitaliste) sur la petite victime et elle exalta sa vaillance contre une Armée rouge inepte. Quand le Commissaire à la Guerre et commandant en chef de l’armée rouge Clément Vorochilov, « précis, direct », proposa à ces deux émissaires impotents, le 12 août, « “l’examen concret” des plans d’opérations contre le bloc des États agresseurs » et leur présenta ses pouvoirs plénipotentiaires, ils avouèrent n’être pas habilités à signer un accord militaire. Celle-ci avait secondé le Reich dans son plan d’assaut maritime contre l’URSS en signant avec lui « le traité naval » du 18 juin 1935 : autorisant la construction d’une marine de guerre allemande égale à 35% de la britannique, cet accord bilatéral avait laissé à l’Allemagne « les mains libres » en Baltique (Finkel et Leibovitz). Fiche de cours en Histoire - Type : cours d'histoire (par Olivier). [42] 292 000, Pieter Lagrou, in Stéphane Audoin-Rouzeau et al., dir., La violence de guerre 1914-1945, Bruxelles, Complexe, 2002, p. 322. August 1939 » (« Y eut-il eu un pacte Staline-Hitler ? Roosevelt l’avait confiée au chef Europe de l’Office of Strategic Services (ancêtre de la CIA), installé depuis novembre 1942 à Berne pour préparer l’avenir de l’Europe en général, de l’Allemagne en particulier, le financier Allen Dulles, associé comme son frère aîné, John Foster, de « Dulles, Sullivan and Cromwell », un des principaux cabinets américains d’affaires internationales, intimement lié au capital financier allemand. cit. Varsovie avait signé avec Berlin, le 26 janvier 1934, une « déclaration de non-agression et d’amitié », prétendu « traité germano-polonais » conclu pour dix ans. La conférence de Yalta qui, en février 1945, représenta l’acmé, très provisoire, des acquis de l’URSS, belligérant décisif, ne résulta pas de la ruse de Staline spoliant la Pologne martyre contre un Churchill impuissant et un Roosevelt mourant, mais du rapport de forces militaires du moment[39]. Cette comparaison des deux guerres mondiales, hautement fantaisiste, impute en outre à l’URSS, accusation devenue courante dans l’historiographie dominante française, l’énormité de ses pertes (plus de la moitié des 50 millions du total général 1939-1945) dans la guerre d’extermination que le IIIème Reich avait planifiée pour y liquider, outre les juifs, trente à cinquante millions de Slaves[44]. Harriman, Moscou, 13 mars 1944, FRUS, 1944, IV, Europe, p. 951 (en ligne). Lisez Mediapart en illimité sur ordinateur, mobile et tablette. Après avoir requis de la Finlande, alliée de longue date de Berlin qui menaçait la sécurité de Leningrad, une rectification de frontière (contre substantielle compensation territoriale) qui lui fut refusée, l’URSS entra fin novembre 1939 dans « la guerre d’hiver ». L’Angleterre sacrifia à l’idéologie anticommuniste, si utile en toutes circonstances, mais elle applaudit le compromis finno-soviétique du 12 mars 1940. L’armée allemande fut avec les SS et la police allemande un agent particulièrement actif de la destruction des civils, juifs et non-juifs. cit. [25] Omer Bartov et al., Les sociétés en guerre 1911-1946, Paris, Armand Colin, 2003, p. 134-144 (manuel de concours). [11] Archives MAE (et Documents diplomatiques français), SHAT, et références de la n. 7. Britain, America and the purging of Nazi Germany, a pledge betrayed, London, André Deutsch, 1981, p. 249, ouvrage essential, pas traduit à cette date; Raul Hilberg, La destruction des juifs d’Europe, Paris, Gallimard, 1991, p. 958; fonds OSS cités par Richard Breitman, « Nazi Espionage : the Abwehr and SD Foreign Intelligence », p. 108 (93-118), in Breitman, Norman J. W. Goda, Timothy Naftali et Robert Wolfe, U.S. Intelligence and the Nazis, Cambridge University Press, 2005, fondamental; Lacroix-Riz, « États-Unis et Vatican dans les tractations de paix de la Deuxième Guerre mondiale », Rencontres d’histoire critique de Gennevilliers 28-30 novembre 2013, « Guerre et paix », Actes à paraître, Paris, L’Harmattan, 2015. http:\/\/www.worldcat.org\/oclc\/46241401>. [48] Bower, Blind eye to murder ; Bartov, The Eastern Front, 1941-45 : German Troops and the Barbarisation of Warfare, Palgrave Macmillan, 2e édition, 2001 (L’armée d’Hitler […], Paris, Hachette, 2003) ; http://fr.wikipedia.org/wiki/Crimes_de_guerre_nazis_en_Union_sovi%C3%A9tique, mise au point honnête, ce qui, en histoire, n’est pas le cas général. Taylor, The origins of the Second World War, Middlesex, Penguin Books,1961 ; Alexander Werth, La Russie en guerre, 2 vol., Paris, Stock, 1964 (réédition, Paris, Tallandier, 2011). French leaks [38] Lloyd Gardner, Spheres of influence, p. 103, 148, 158-159 (cite l’historien militaire américain John Erickson, référence de Roberts) ; général Doer, cité par le colonel Costantini, Dictionnaire de la Seconde Guerre mondiale, t. 2, Paris, Larousse, 1980, p. 1728; et surtout Roberts, Les guerres de Staline. Le rôle de l’URSS dans la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945) – par Annie Lacroix-Riz. [52] Costantini, Dictionnaire de la Seconde Guerre mondiale, t. 2, p. 1081-1083 ; Arno Mayer, Les Furies, terreur, vengeance et violence, 1789, 1917, Paris, Fayard, 2002, p. 573 ; Reinhold Billstein et al., Working for the Enemy Ford, General Motors, and forced labor in Germany during the Second World War, New York, Berghahn Books, 2000. Mais il fallut compter avec les conséquences de court terme de Stalingrad, où s’étaient affrontés depuis juillet 1942 « deux armées de plus d’un million d’hommes ». Roberts a rappelé que cette contribution économique américaine à l’effort soviétique fut non seulement modeste, mais qu’elle ne fut accordée pour sa quasi-totalité qu’après l’extraordinaire exploit de Stalingrad – autrement dit, quand les États-Unis eurent acquis la certitude définitive que l’Armée rouge triompherait, dans des délais limités, des envahisseurs. Celle-ci eut lieu, en l’absence des Soviétiques, le 2 mai 1945[40]. La signature d'un armistice en 1944 l'obligea à se retourner contre l'Allemagne nazie, aux côtés de la Russie, pour la dernière année de la Seconde Guerre mondiale : c'est la guerre de … Herder, Fribourg en Brisgau, 2000; Christopher Browning, Des hommes ordinaires. Le Reich impérial avait été en 1917-1918 défait à l’Ouest, surtout par la France, laquelle avait tout de même dû sa survie ou sa non-invasion à l’alliance de revers ou au « rouleau compresseur » russe et en aucun cas à la « bataille de la Marne », cette opération de « communication » à l’inusable longévité. Sur le rôle de la Pologne, réf. L’indignation, feinte, relevait de l’imposture. [17] Lettre D. 463 à Guy de la Chambre, ministre de l’Air, Moscou, 29 août 1939, 7 N, 3186, SHAT. Nous publions ici l'article de l'historien et spécialiste de la Russie Jean-Pierre Arrignon, qui est revenu sur son blog le 7 mai sur le rôle fondamental qu'a joué l'URSS dans la Seconde guerre mondiale et qui explique pourquoi les Russes célèbrent à la date du 9 mai la Victoire de la Grande guerre patriotique de 1940-1945. En crise ouverte depuis juin 1940, les rapports des prétendus « Alliés » allemands et soviétiques frôlèrent la rupture en novembre, comme le surent toutes les capitales « occidentales ». [42] 292 000, Pieter Lagrou, in Stéphane Audoin-Rouzeau et al., dir., La violence de guerre 1914-1945, Bruxelles, Complexe, 2002, p. 322. Désormais placée sous l’égide de Washington, avec rapide association à l’entreprise des zones occidentales de l’Allemagne, cette ligne avait renoué, avant même la fin de la guerre en Europe, avec la « Première Guerre froide », politique de liquidation des Soviets, de « cordon sanitaire » ou de « Sainte Alliance » que Londres et Paris avaient dirigée, en compagnie de Berlin, de 1918 à 1939[53]. Témoignent de la barbarie pangermaniste, dont le nazisme avait repris l’héritage, les ordres signés des chefs de la Wehrmacht, Keitel et consorts : le décret dit « du commissaire » du 8 juin 1941 prescrivit l’exécution des « commissaires politiques » communistes intégrés à l’armée rouge; l’ordre de « ne pas faire de prisonniers » causa l’exécution sur le champ de bataille, combats terminés, de 600 000 prisonniers de guerre, et il fut étendu en juillet aux « civils ennemis » ; von Reichenau signa l’ordre d’« extermination définitive du système judéo-bolchevique », etc. [14] Halifax, 6 mai 1939, Documents on British Foreign Policy (DBFP), 3nd Series, V, p. 411. Pour un ultime commentaire sur "Hold up" et Monique Pinçon-Charlot ! [12] Plan d’expansion soviétique à l’Ouest forgé par le publiciste d’extrême droite Ernst Nolte, cautionné par Yves Santamaria, Le pacte germano-soviétique, Bruxelles, Complexe, 1999, ouvrage rédigé sans la moindre consultation d’archives, qui sert de référence sur la question à l’historiographie dominante française. IV. See our User Agreement and Privacy Policy. « 1 700 villes, 70 000 villages et 32 000 entreprises industrielles furent rasés ». cit. Le Premier ministre belge Charles Michel a clôturé mercredi 31 janvier une visite de trois jours à Moscou. L’Angleterre sacrifia à l’idéologie anticommuniste, si utile en toutes circonstances, mais elle applaudit le compromis finno-soviétique du 12 mars 1940. Les tambours de la propagande se déchaînèrent : la France sanglota autant que le Vatican et l’ensemble du monde (capitaliste) sur la petite victime et elle exalta sa vaillance contre une Armée rouge inepte. Depuis 1933 : série URSS Quai d’Orsay (MAE) ; DDF ; attachés militaires en URSS du SHAT ; DBFP, etc. Moscou, initiatrice de négociations tripartites depuis le coup de force achevant la Tchécoslovaquie, exigeait la reconstitution de l’alliance défensive automatique et réciproque de 1914. [32] Haslam, The Soviet Union and the Threat from the East, 1933-1941 : Moscow, Tokyo and the Prelude to the Pacific War, Londres, Macmillan, 1992; Roberts, Les guerres de Staline, et Stalin’s general: the life of Georgy Zhukov, London, Icon Books, 2012, chap. Ses contenus n'engagent pas la rédaction. Roosevelt refusait donc systématiquement de négocier sur « les buts de guerre » que Staline avait présentés à Churchill dès juillet 1941, c’est-à-dire le retour aux frontières européennes de l’ancien empire, récupérées en 1939-1940 : l’obtention d’une « sphère d’influence » soviétique limiterait l’américaine, qui ne pouvait souffrir aucune borne[36] (cette règle de l’impérialisme dominant fut strictement appliquée contre Londres : Washington émit un veto aussi formel contre ses rivaux impérialistes anglais). Tuant dans l’œuf les pactes franco-soviétique et tchéco-soviétique (2 et 16 mai 1935), le rejet occidental obstiné de « l’alliance de revers » dont la Première Guerre mondiale avait démontré l’efficacité aboutit, contre l’URSS, aux accords de Munich par lesquels, dans la nuit du 29 au 30 septembre 1938, Paris, Londres, Berlin et Rome dépecèrent la Tchécoslovaquie (par la remise des Sudètes à l’Allemagne dès le 1er octobre 1938). », Historiens et géographes (HG) n° 324, août-septembre 1989, p. 219-243. [3] Le Figaro, 11 janvier 2007, recension d’Olivier Wieviorka, Histoire du débarquement en Normandie : Des origines à la libération de Paris 1941-1944, Paris, Seuil, 2007, ouvrage encensé par les médias et les institutions officielles comme celui niant l’intérêt militaire de la Résistance et omettant sa composante communiste, Histoire de la Résistance : 1940-1945, Paris, Perrin,‎ 2013. Ce que fit l’URSS quand le Blitzkrieg écrasa l’Europe (septembre 1939-mai 1941) a suscité depuis quelques décennies de nombreux travaux scientifiques, anglophones surtout[5]. Le 22 juin 1941, le Reich lança l’attaque qu’annonçait depuis septembre 1940 l’entassement de ses troupes en Roumanie « satellite », connu de toutes les capitales étrangères – et de l’URSS, Staline inclus : le dernier ouvrage de Roberts fait définitivement litière de la légende du Staline sidéré et paralysé par l’assaut de son cher Hitler. La France sous influence allemande et américaine, Paris, Delga-Le temps des cerises, 2014. La Roumanie redoutait de perdre la Bessarabie qu’elle n’avait prise aux Russes en 1918 et conservée depuis (officiellement, en 1924) que grâce au soutien de la France chef de file officiel, avec Londres, de l’antibolchevisme mondial. Russo-German Relations and the Road to War, 1933-1941, New York, Saint Martin’s Press, 1995; et surtout, Stalin’s Wars: From World War to Cold War, 1939-1953. 10. Les 900 jours de siège de Leningrad (juillet 1941-janvier 1943), symbole suprême avec Stalingrad des souffrances et de l’héroïsme soviétiques, tuèrent un million d’habitants sur 2,5, dont « plus de 600 000 » durant la famine de l’hiver 1941-1942. Ce prudent retrait japonais libéra l’URSS de son obsession, depuis l’attaque contre la Mandchourie (1931) puis toute la Chine (1937), d’une guerre sur deux fronts[32]. La Wehrmacht aux portes, Beck invoquait, lyrique, « le testament » de Pilsudski : « Avec les Allemands nous risquons de perdre notre liberté, avec les Russes, nous perdons notre âme »[10]. [7] Arnold Offner, American Appeasement : United States Foreign Policy and Germany 1933-1939, New York, W.W. Norton & C°, 1969 ; The origins of the Second World War : American Foreign Policy, 1914-1941, New York, Praeger, 1975. Le 22 juin 1941, le Reich lança l’attaque qu’annonçait depuis septembre 1940 l’entassement de ses troupes en Roumanie « satellite », connu de toutes les capitales étrangères – et de l’URSS, Staline inclus : le dernier ouvrage de Roberts fait définitivement litière de la légende du Staline sidéré et paralysé par l’assaut de son cher Hitler. Selon Jean-Jacques Becker, « mise (sic) à part qu’elle s’est déployée sur des espaces bien plus vastes, mis à part le coût extravagant des méthodes de combat surannées de l’armée soviétique, sur un plan strictement militaire, la Seconde Guerre a été plutôt moins violente que la Première »[43]. L’Allemagne ouvrit le conflit général le ler septembre 1939 en l’absence de l’Entente qui avait en septembre 1914 sauvé la France de l’invasion totale. [3] Le Figaro, 11 janvier 2007, recension d’Olivier Wieviorka, Histoire du débarquement en Normandie : Des origines à la libération de Paris 1941-1944, Paris, Seuil, 2007, ouvrage encensé par les médias et les institutions officielles comme celui niant l’intérêt militaire de la Résistance et omettant sa composante communiste, Histoire de la Résistance : 1940-1945, Paris, Perrin, 2013. [48] 3,3 millions de prisonniers de guerre, soit plus des 2/3 du total, subirent en 1941-1942 la « mort programmée » par la famine et la soif (80%), le typhus, le travail esclave. La Seconde Guerre mondiale 1. 10. Add tags for "Sciences et démocratie : le couple impossible? Digne émule de son « allié » allemand en matière d’antisémitisme, le chef du « régime des colonels polonais », le colonel Jozef Beck, petit télégraphiste d’Hitler et Ribbentrop auxquels il servait, entre autres, de délégué à et d’informateur sur la Société des Nations officiellement désertée par le Reich en octobre 1933, avait été la « hyène » ou le « vautour » (terme utilisé par toutes les chancelleries étrangères, dont l’Auswärtiges Amt, ministère des Affaires étrangères), complice du dépècement allemand de la Tchécoslovaquie de 1938. [12] Plan d’expansion soviétique à l’Ouest forgé par le publiciste d’extrême droite Ernst Nolte, cautionné par Yves Santamaria, Le pacte germano-soviétique, Bruxelles, Complexe, 1999, ouvrage rédigé sans la moindre consultation d’archives, qui sert de référence sur la question à l’historiographie dominante française. Patinage artistique : la nouvelle reine Alina Zaguitova, Ces Russes qui spéculent sur les cryptomonnaies. Elle aida les Einsatzgruppen SS chargés des « opérations mobiles de tueries » (Hilberg), comme celle du groupe C dans le ravin de Babi Yar, fin septembre 1941, dix jours après l’entrée de ses troupes à Kiev (près de 34 000 morts) : ce fut un des innombrables massacres perpétrés, avec des « auxiliaires » polonais, baltes (lettons et lituaniens) et ukrainiens[50], décrits par le poignant Livre noir sur l’extermination scélérate des juifs par les envahisseurs fascistes allemands dans les régions provisoirement occupées de l’URSS et dans les camps d’extermination en Pologne pendant la guerre de 1941-1945[51]. [15] Churchill, mémoires, vol. « Entre 1939 et 1941 », l’URSS avait considérablement développé ses armements terrestres et aériens et porté l’armée rouge « de 100 à 300 divisions » (« de 2 à 5 millions d’hommes »), massées « le long ou près de ses frontières occidentales. [26] Annexe au rapport 556 de Doyen à Koeltz, Wiesbaden, 16 juillet 1941, W 3, 210 (dossier Laval d’instruction de la Haute Cour de Justice), AN. L’accord militaire devrait associer la Pologne et la Roumanie, fiefs du « cordon sanitaire » antibolchevique de 1919 dont Paris et Londres avaient en mars-avril 1939 « garanti » unilatéralement les frontières (sans la moindre intention de les défendre, ni par du matériel ni par des envois de troupes), et les Pays Baltes, vitaux pour la défense de « la Russie d’Europe » (Augustin-Antoine Palasse, attaché militaire français)[9]. En crise ouverte depuis juin 1940, les rapports des prétendus « Alliés » allemands et soviétiques frôlèrent la rupture en novembre, comme le surent toutes les capitales « occidentales ». The American decision to divide Germany, 1944-1949, Cambridge, 1996, William A. Williams, The Tragedy of American Diplomacy, New York, Dell Publishing C°, 1972 (1e éd., 1959), etc. Global Research Les grands médias, qui encensent « les historiens du consensus »[2] à l’« « esprit dégagé de tout sectarisme »[3], ont transformé le débarquement « américain » (anglo-américain, Commonwealth inclus) du 6 juin 1944 en événement militaire décisif ( Lire en cliquant ici) . Depuis août-septembre 1941, Staline avait réclamé sans répit mais en vain pour alléger l’énorme pression allemande l’ouverture d’un « second front » occidental reconstituant de fait l’alliance de revers de la Première Guerre mondiale : l’envoi de divisions alliées en URSS et, surtout, un débarquement sur les côtes françaises. Slaves et juifs (1,1 million sur 3,3) périrent dans des milliers d’Oradour-sur-Glane et dans les camps d’extermination et de travail. [37] Tél. Le plus souvent très antibolcheviques mais factuels, ces informateurs pertinents réitérèrent leur mise en garde jusqu’au dernier jour[16], et annoncèrent ensuite que le pacte ne changeait rien aux enjeux. n. 7 et Lacroix-Riz, « Polen in der außenpolitischen Strategie Frankreichs (Oktober 1938-August 1939) », communication au colloque sur la campagne de Pologne, Varsovie, 15-17 octobre 2009, Actes non parus, Polen und wir, n° 3, 2014, p. 11-17 (version française, « La Pologne dans la stratégie politique et militaire de la France (octobre 1938-août 1939) », www.historiographie.info). Après l’assaut final, les 14-15 mars 1939 (satellisation de la Slovaquie et annexion de la Bohême-Moravie), porté par la Wehrmacht contre le moignon de l’ex-principale alliée officielle de la France, l’URSS isolée fut confrontée au maintien strict, malgré la légende d’un « tournant » franco-anglais de politique extérieure, d’une ligne laissant au Reich « les mains libres à l’Est » : cette expression familière à tous les « Apaiseurs », français, anglais et divers (dont le ministre de la Guerre puis président du Conseil radical Édouard Daladiers) fut couramment utilisée dans les tractations de 1938-1939 entre les ministres des Affaires étrangères français et allemand, Georges Bonnet et Ribbentrop. Le prétendu « endiguement » (Containment) de la « Guerre froide » fut en réalité et d’emblée un « refoulement » (roll back), aujourd’hui éclairé par des travaux scientifiques. [28] Cas français, Lacroix-Riz, Du Blitzkrieg à la Pax Americana : les élites françaises d’un tuteur étranger à l’autre, à paraître, Paris, Armand Colin, 2016, chap. Fut ainsi confirmé dès l’invasion le jugement que portait Palasse depuis son arrivée (fin 1937) et surtout depuis 1938 sur « la situation morale » et la puissance militaire soviétiques. [3] Le Figaro, 11 janvier 2007, recension d’Olivier Wieviorka, Histoire du débarquement en Normandie : Des origines à la libération de Paris 1941-1944, Paris, Seuil, 2007, ouvrage encensé par les médias et les institutions officielles comme celui niant l’intérêt militaire de la Résistance et omettant sa composante communiste, Histoire de la Résistance : 1940-1945, Paris, Perrin,‎ 2013. [33] Carley, 1939, p. 4, souligné dans le texte. La qualité, ainsi attestée, de l’armée rouge conduite par Joukov, servit de leçon à Tokyo : à la fureur d’Hitler, le Japon signa à Moscou le 13 avril 1941 un « pacte de neutralité », qu’il respecta jusqu’à la fin de la guerre. Depuis 1933 : série URSS Quai d’Orsay (MAE); DDF; attachés militaires en URSS du SHAT; DBFP, etc. Le milliardaire Harriman, héritier d’un immense empire financier, ambassadeur à Moscou de 1943 à 1945 et futur champion du Plan Marshall et de l’Union européenne, annonça au Département d’État, en février-mars 1944, que l’URSS ravagée ne tirerait aucun avantage, même territorial, de sa victoire. Elle exigea en septembre-octobre de Berlin des « garanties » des Pays Baltes : cette « occupation “déguisée” [fut] accueillie avec résignation » par l’Angleterre. [33] Carley, 1939, p. 4, souligné dans le texte. [34] M. L. Tamarchenko, 1967, et L. Martel, 1979, cités par Susan J. Linz, « Foreign aid and Soviet postwar recovery », The Journal of Economic History, v. XLV, n° 4, décembre 1985, p. 949. Le prétendu « endiguement » (Containment) de la « Guerre froide » fut en réalité et d’emblée un « refoulement » (roll back), aujourd’hui éclairé par les travaux scientifiques. Le 8 mai 1945, l’URSS exsangue avait déjà perdu le bénéfice de la « Grande Alliance » qu’avait imposée aux Anglo-Américains l’énorme contribution de son peuple, sous les armes ou non, à la victoire éclatante des États-Unis, prévue par Doyen dans son texte du 16 juillet 1941 pronostiquant la défaite allemande. Please re-enter recipient e-mail address(es). [48] Bower, Blind eye to murder; Bartov, The Eastern Front, 1941-45: German Troops and the Barbarisation of Warfare, Palgrave Macmillan, 2e édition, 2001 (L’armée d’Hitler […], Paris, Hachette, 2003);http://fr.wikipedia.org/…/Crimes_de_guerre_nazis_en_Union_s…, mise au point honnête, ce qui, en histoire, n’est pas le cas général. [47] « Report on German Reprisals for Partisan activity in Italy », Allied Force Headquarters (British Section), Part I, sans date, postérieur au 9 juillet 1945, démonstration précise formelle de la responsabilité première de la Wehrmacht (et non des seuls Waffen SS), comme à l’Est, dans les atrocités commises à l’Ouest, BB 30, 1730, épuration, Archives nationales. Quand le Commissaire à la Guerre et commandant en chef de l’armée rouge Clément Vorochilov, « précis, direct », proposa à ces deux émissaires impotents, le 12 août, « “l’examen concret” des plans d’opérations contre le bloc des États agresseurs » et leur présenta ses pouvoirs plénipotentiaires, ils avouèrent n’être pas habilités à signer un accord militaire. [23] Gabriel Gorodetsky, Stafford Cripps’ mission to Moscow, 1940-42, Cambridge, Cambridge UP,1984., Maïski, Qui aidait Hitler? Puis, dans l’attente de l’étape suivante du conflit général, elle délégua à Moscou Stafford Cripps, seul soviétophile d’un establishment britannique à l’antisoviétisme au moins aussi délirant que celui des élites françaises[23]. Washington comptait sur son hégémonie financière pour échapper aux normes militaires du règlement des conflits. [24] G. Roberts, The Soviet Union, p. 122-134 et 139, et Les guerres de Staline. [44] Götz Aly et Susanne Heim, Vordenker der Vernichtung, Auschwitz und die deutschen Pläne für eine neue europäische Ordnung, Francfort, Fischer Taschenbuch Verlag, 1997 (1e édition, Hambourg, 1991, la plus audacieuse), résumé par Dominique Vidal, Les historiens allemands relisent la Shoah, Bruxelles, Complexe, 2002, p. 63-100. À l’heure où l’on ose tout, la propagande médiatique estime la chose logique, l’URSS n’ayant pas signé ladite convention : pas signataires non plus, la Grèce, la Yougoslavie, la Pologne, l’Europe occidentale, objet, à l’été 1944, des consignes du commandant en chef « Ouest » de la Wehrmacht, von Rundstedt, étendant à cette zone les méthodes de guerre à l’Est, origine des atrocités commises en Italie et en France, des Oradour-sur-Glane qui avaient été systématiquement pratiqués, depuis l’origine, à des dizaines de milliers d’exemplaires, sur le front de l’Est [47] ? [26] Annexe au rapport 556 de Doyen à Koeltz, Wiesbaden, 16 juillet 1941, W 3, 210 (dossier Laval d’instruction de la Haute Cour de Justice), AN. Taylor (historiens) et du journaliste Alexander Werth[6], père de Nicolas, qui symbolisa autant la russophilie de guerre et d’après-guerre que son fils incarne la russophobie contemporaine. [4] Sondages 1944-1945 et 2004, Lacroix-Riz, « Le débarquement du 6 juin 1944 du mythe d’aujourd’hui à la réalité historique »,http://www.lafauteadiderot.net/Le-debarquement-du-6-juin-19…, juin 2014; 7 mai 2015, http://www.metronews.fr/…/sondage-exclu…/moef!FRK7nFX0GWZds/. [27] Tardini, troisième personnage de la Curie, lettre de Léon Bérard, 4 septembre 1941, Vichy-Europe, 551, MAE. Le bilan de l’opération Sunrise, exemple le moins mal connu de tentatives de retournement des fronts, dans l’alliance « Occident »-Reich contre les Soviets, qui se succédaient sans répit depuis 1943, et avec une intensité fébrile depuis 1944, ulcéra Moscou. « Appauvrie par la guerre et à l’affût de notre assistance économique […,] un de nos principaux leviers pour orienter une action politique compatible avec nos principes », elle n’aurait pas la force d’empiéter sur l’Est de l’Europe. The E-mail Address(es) field is required. [32] Haslam, The Soviet Union and the Threat from the East, 1933-1941 : Moscow, Tokyo and the Prelude to the Pacific War, Londres, Macmillan, 1992 ; Roberts, Les guerres de Staline, et Stalin’s general : the life of Georgy Zhukov, London, Icon Books, 2012, chap. Nous publions ici l'article de l'historien et spécialiste de la Russie Jean-Pierre Arrignon, qui est revenu sur son blog le 7 mai sur le rôle fondamental qu'a joué l'URSS dans la Seconde guerre mondiale et qui explique pourquoi les Russes célèbrent à la date du 9 mai la Victoire de la Grande guerre patriotique de 1940-1945. L’URSS se résigna à signer le pacte germano-soviétique du 23 août 1939 qui l’épargnait provisoirement[8]. Roosevelt refusait donc systématiquement de négocier sur « les buts de guerre » que Staline avait présentés à Churchill dès juillet 1941, c’est-à-dire le retour aux frontières européennes de l’ancien empire, récupérées en 1939-1940 : l’obtention d’une « sphère d’influence » soviétique limiterait l’américaine, qui ne pouvait souffrir aucune borne[36] (cette règle de l’impérialisme dominant fut strictement appliquée contre Londres : Washington émit un veto aussi formel contre ses rivaux impérialistes anglais). Lacroix-Riz, op. L’armée rouge, épurée après la répression, en juin 1937, du « complot Toukhatchevski » concocté par le Maréchal soviétique avec le haut commandement de la Wehrmacht, avéré et non forgé par Staline[29], progressait constamment. [1] Annie Lacroix-Riz, « 1947-1948. [18] Lituanie acquise au Reich jusqu’au second protocole du 28 septembre 1939, Roberts, Soviet Union. Selon Jean-Jacques Becker, « mise (sic) à part qu’elle s’est déployée sur des espaces bien plus vastes, mis à part le coût extravagant des méthodes de combat surannées de l’armée soviétique, sur un plan strictement militaire, la Seconde Guerre a été plutôt moins violente que la Première »[43]. [16] 7 N, 3185-3186, SHAT. cit. »[17]. Tatiana Kastouéva-Jean (dir. Taylor, The origins of the Second World War, Middlesex, Penguin Books,1961; Alexander Werth, La Russie en guerre, 2 vol., Paris, Stock, 1964 (réédition, Paris, Tallandier, 2011). Rentrez en contact directement avec l'éditeur DELGA et commandez vos ouvrages ! Taylor (historiens) et du journaliste Alexander Werth[6], père de Nicolas, qui symbolisa autant la russophilie de guerre et d’après-guerre que son fils incarne la russophobie contemporaine. Le refus obstiné du second front et la mise à l’écart de l’URSS des relations interalliées, malgré sa présence cosmétique à Téhéran en novembre 1943[35], sont attestés par tous les types de sources et par la correspondance de guerre Staline-Churchill-Roosevelt. En savoir + sur rôle france dans la deuxième guerre mondiale Le milliardaire Harriman, héritier d’un immense empire financier, ambassadeur à Moscou de 1943 à 1945 et futur champion du Plan Marshall et de l’Union européenne, annonça au Département d’État, en février-mars 1944, que l’URSS ravagée ne tirerait aucun avantage, même territorial, de sa victoire. Ceux-ci n’avaient pas prévu une résistance aussi farouche du soldat russe, un fanatisme aussi passionné de la population, une guérilla aussi épuisante sur les arrières, des pertes aussi sérieuses, un vide aussi complet devant l’envahisseur, des difficultés aussi considérables de ravitaillement et de communications […] Sans souci de sa nourriture de demain, le Russe incendie au lance-flamme ses récoltes, fait sauter ses villages, détruit son matériel roulant, sabote ses exploitations »[26].

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